Monde Grec
Mycéniens

Pylos

La cité mycénienne de Pylos se dresse à découvert, sans murs de protection, sur un promontoire qui domine la plaine et, au loin, la mer Ionienne. Cette absence de fortifications détonne complètement avec ce que l’on a pu observer à Tyrinthe et Mycènes.

Le palais de Nestor

Le "palais de Nestor", édifié entre 1300 et 1200 av. J.-C, n’a pas été construit en pierres de taille mais en pierres brutes recouvertes de plâtre. La pierre taillée n’est employée que pour les seuils. C’est à Pylos qu’apparaît la version la plus aboutie du mégaron. Il s’agit en fait d’un groupe de plusieurs constructions, voisines mais non conjointes, typiquement mycéniennes, sobres et majestueuses à la fois. Au-delà d’un propylée, un porche à deux colonnes ouvre sur un péristyle qui desservait les salles d’apparat et les appartements royaux ; au fond, au-delà d’un vestibule, le mégaron s’étend sur plus de 140 m². Les murs stuqués étaient décorés de fresques. Les vestiges d’un escalier laisse penser qu’il y avait un étage. Les magasins sont disposés autour du mégaron mais plusieurs pièces s’ouvraient directement sur l’extérieur, sans doute pour faciliter les approvisionnements.

Le palais fut détruit par un incendie d’une rare intensité : certaines poteries ont été vitrifiées, déformées ou soudées les unes aux autres. Les tablettes d’argile des archives furent cuites et ainsi conservées pour la postérité. Curieusement, on a retrouvé aucun squelette dans les ruines, ce qui laisserait penser que les habitants eurent le temps de fuir...mais que fuyaient-ils, là demeure le mystère !

Enseignements

C’est à Pylos, en 1939, que l’archéologue américain Carl Blegen découvre une pièce majeure pour la compréhension de l’âge du bronze : la première de quelque 1 200 tablettes d’une mystérieuse écriture, baptisée ultérieurement linéaire B. Il s’agit d’un ensemble d’archives administratives et comptables qui nous renseignent sur la vie rurale d’un royaume mycénien.

Les fouilles de Pylos n’ont livré aucune trace d’activité religieuse mais les noms des divinités familières de l’Iliade sont inscrits sur les tablettes en linéaire B : Zeus, Héra, Athéna, Poséidon, Hermès et peut-être Apollon, sous son nom homérique de Paieon.

Les fouilles ont mis au jour cent tholos, ou tombes à coupole, et d’innombrables tombes à chambres taillées dans le roc - ces caveaux étaient en général destinés aux moins fortunés. Les tombes étaient souvent occupées par les membres d’une même famille, les morts les plus anciens étant poussés sur le côté pour faire de la place aux nouveaux. Des effets personnels accompagnaient les corps : jouets, biberons, peignes, bijoux, armes ou outils.