MYTHOLOGIES

Artémis d’Ephèse

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Statue de l’Artémis d’Ephèse.

Artémis d’Ephèse accomplissait des miracles et avait la renommée de guérir les maladies les plus diverses. Ses adorateurs croyaient qu’elle était venue du ciel en apportant le temple. Les initiés racontaient à qui voulait l’entendre que le pouvoir du terrible Zeus lui-même s’effaçait devant celui de la déesse, l’Artémis Prothée « source de toutes les choses », mère des Dieux, de la Terre et de la Nuit. Elle résumait les divinités de l’Égypte, de la Perse, de l’Inde, de l’Assyrie. Ces traditions, ces apports étrangers, avaient abouti à cette monstrueuse, puissante et superbe idole. On venait, de toutes parts, la combler d’offrandes. Ses prêtres eunuques et de jeunes vierges étaient à la base de toute une hiérarchie de serviteurs religieux dévoués à son culte.

Les cérémonies débutaient par des fêtes qui dépassaient en splendeur et en variété toutes celles qui étaient connues, et les étrangers accouraient en foule à Ephèse pour y assister. Les réjouissances duraient un mois. La ville entière se portait aux jeux athlétiques disputés au stadium, aux représentations théâtrales, aux concerts donnés à l’odéon  . Des initiés se réunissaient dans le bois sacré d’Ortygia, peuplé de statues, et sacrifiaient selon des rites millénaires. Les mystères orgiaques de la déesse y étaient célébrés avec le faste le plus recherché.

L’Artémision

Le temple d’Artémis à Ephèse était considéré comme l’une des sept merveilles du monde. Sept fois l’Artémision fut détruit de fond en comble, sept fois il fut reconstruit. Le plus ancien édifice identifié daterait du VIIIe siècle av. J.-C. Lorsque Crésus s’empara d’Ephèse en 560, il offrit plusieurs colonnes au temple d’Artémis. Xerxès, le respecta, et il demeura intact jusqu’à cette nuit historique de 356 où Hérostrate le fit incendier et pendant laquelle naquit Alexandre le Grand selon Solin.

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Essai de reconstitution de l’Artémision.

L’Artémision fut reconstruit entre 350 et 320 av. J.-C. Chaque cité d’Ionie contribua au financement. Les architectes Cherocratès (Deinocratès ?), Paionios d’Ephèse et Démétrios construisirent le plus vaste édifice connu du monde grec ( 120 x 60 mètres et environ 30 mètres de haut), quatre fois plus vaste que le Parthénon, et le premier a être intégralement édifié en marbre. Afin d’isoler la bâtiment du sol marécageux sur lequel il s’élevait, on édifia un podium à dix degrés de 2,60 mètres de haut. Il était entouré sur les quatre côtés par une rangée de colonnes doubles, soit 127 colonnes dont 36 en façade selon Pline, dont une seule demeure aujourd’hui.

Ces colonnes reposaient sur des socles cubiques décorés de reliefs. Les archéologues ont retrouvé de nombreux tambours de colonne sculptés. Leur emplacement initial est controversé : se dressaient-ils à la base des colonnes, appuyés sur les socles cubiques, ou bien étaient-ils posés en haut des colonnes, soutenant les chapiteaux ? A l’intérieur, se dressait une curieuse statue d’Artémis, couronnée d’un polos, assortie de nombreux seins ou œufs.

Néron fit piller le temple par ses légions. Lorsque les Goths envahirent le pays (263 apr. J.-C.), ils massacrèrent les prêtres et les vierges de l’Artémision et détruisirent Ephèse de fond en comble. Pendant plusieurs siècles on ignora l’emplacement de l’Artémision, que les archéologues du XVIIe et du XVIIIe siècle cherchèrent en vain. Selon le récit d’Hérodote le temple était hors de la ville et le Port Sacré qui le desservait, relevait des eaux du Kaystros. Se rendant compte que ni par les épigraphes, ni par les vestiges, ni par les traditions locales, il n’y avait possibilité de découvrir l’Artémision, Wood eut recours à la topographie et aux sentiers qui, de la ville Ephèse, menaient au dehors, vers le Kaystros. Wood découvrit ainsi, en 1871, au bout de huit années de fouilles opiniâtres, à six mètres au-dessous du sol, les marbres de l’Artémision.


 



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Dernière mise à jour : 19 décembre 2014
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