Asie Mineure
Lydiens

Les Lydiens



fontsizeupfontsizedown

La Lydie était une contrée d’Asie Mineurœe riveraine de la mer Egée et bordée au sud par le fleuve Méandre. Les Lydiens se singulariseront, au sein du monde oriental, par le mélange d’esprit guerrier et de génie pratique qui restera dans l’histoire leur caractéristique essentielle. Ce sont, dit-on, les Lydiens qui inventèrent la teinture des étoffes.

(c) Maurice Griffe - Editions T.S.H
© Maurice Griffe - Editions T.S.H

Histoire

Aryens d’origine, les Lydiens ont dû descendre en Asie Mineure vers 2500 av. J.-C. Selon Hérodote, les Lydiens ont eu pour souverains légendaires Tmolos et Omphale, et pour rois historiques vingt-deux rois de la dynastie des Héraclides, qui passait pour descendre d’Hercule, et cinq rois de la dynastie des Mermnades : Gygès, Ardys (651-625), Sadyattès (625-610), Alyatte et Crésus. Son histoire s’étend du XIIe jusqu’au VIe siècle, quand Sardes tomba aux mains de Cyrus II le Grand en 546. Le souverain lydien, Candaule, portait aussi le nom de Myrsil, de consonance hittite. Les Lydiens furent un des peuples les plus importants d’Asie Mineure. Leur royaume domina l’Asie Mineure après la chute de Midas roi de Phrygie. Les Lydiens entretenaient des relations diplomatiques avec les Mèdes, les Perses, l’Assyrie et l’Égypte.

Entre les Grecs et les Lydiens, les intérêts s’accordent. Les Grecs demandent des denrées alimentaires et des matières premières, les Lydiens ont besoin d’un débouché sur la mer. Les Grecs avaient enseigné aux Lydiens la culture de la vigne, de l’olivier et du figuier. N’ayant pas intérêt à détruire les cités ioniennes dont le commerce leur était profitable, les rois lydiens privilégièrent une politique de protectorat sous le couvert d’alliances. C’est chose faite dès 604 entre Milet et Alyatte.

C’est en Lydie qu’apparaît le type du roi étranger philhellène. Les rois Candaule, Gygès, Alyatte et Crésus commandent des œuvres aux artistes grecs, envoient des offrandes aux dieux des cités grecques, consultent les oracles. A Ephèse, l’entente est scellée par des mariages princiers. Mais c’est Crésus qui mène à terme la politique de ses prédécesseurs.

Les Lydiens jouèrent le rôle d’intermédiaire entre l’Orient et le monde grec. C’est grâce à eux que les calculs des astrologues et les cartes des géographes babyloniens furent connus des Grecs. Ils enseignèrent aussi aux Grecs l’art musical.

L’or des Lydiens

Pour la Grèce, la Lydie faisait figure d’un Eldorado merveilleux, où il suffisait de se baisser pour ramasser la fortune. L’abondance des métaux précieux, en particulier de l’or, et le rôle économique de Sardes, leur capitale, important marché sur la route continentale de la Méditerranée à l’Asie centrale, représenteront deux des éléments fondamentaux de leur future grandeur. Ils inventèrent l’usage de la monnaie. Ils semblent avoir eu un goût et un talent   prononcés pour le commerce ainsi qu’un amour immodéré de l’or, au point de prostituer leurs propres filles. Le mont Tmolos et le fleuve Pactole alimentaient en or le trésor lydien.

La situation géographique de la Lydie, aux confins de l’Occident et de l’Orient, favorisait les échanges ; des caravanes traversaient les hauts plateaux et gagnaient les villes grecques du littoral. Elles en repartaient chargées de marchandises destinées aux régions du centre de l’Asie Mineure et aux pays situés à l’est de l’Anatolie. Sous forme de taxes et de droits de douane, le négoce procurait au souverain lydien de substantiels bénéfices.

Les Arts

L’art lydien a été fortement influencé par les œuvres d’art des anciennes civilisations d’Anatolie avant d’influencer à son tour l’art achéménide par l’envoi de ses artisans et architectes au service des souverains perses. Les arts lydiens se sont particulièrement illustrés dans l’orfèvrerie et le travail de l’ivoire, mais aussi dans la réalisation de fresques et de sculptures. Le travail des métaux atteignit un niveau très avancé.